mercredi, juillet 13, 2005

Cinema : Swades


Lorsque l'on parle de cinéma indien, la première image qui vient à l'esprit se compose d'une multitude de couleurs, de gens en train de chanter et danser tout zazimutes. Swades en un sens, n'est pas un film Bollywood. Car s'il en reprend certains codes, c'est pour mieux se forger une identité qui lui est propre. Ici, l'amour tient certes une place importante et les bons sentiments fusent; pourtant le réalisateur Ashutosh Gowariker n'hésite pas à critiquer son pays à travers différentes scènes très intenses. Ainsi pour le héros du film, Moham, le système des castes est archaïque et ne sert qu'à renforcer les inegalités et les discriminations dont sont victimes bon nombre d'Indiens. L'autre thèse mise en avant au cours de (très) long métrage : aide-toi et le ciel t'aidera. En d'autres termes, si l'Inde est un pays pauvre, son développement doit venir du peuple et pas seulement du gouvernement ou de l'aide internationale. Le propos fait mal mais il est, au fond, très réaliste. On a pu le constater avec le Tsunami de décembre 2004. Les Occidentaux arrivant, pétris de bonnes intentions et de dollars mais ne sachant pas vraiment quoi faire. Il aura fallu l'intervention des autorités locales et des habitants pour faire avancer le dossier.

Au final, ça danse, ça chante, ça s'aime : oui. Car l'espoir fait vivre. Et l'on ne peut miser sur un message trop sombre à destination d'un peuple qui souffre déjà beaucoup. On se doit cependant de lui montrer que la solution existe, essentiellement, en son for intérieur.