
S'il faut du courage pour aimer, au sens large du terme, il en faut également pour assumer un film. Hélas, cette qualité dont parle Lelouch dans son "nouveau" long-métrage, semble lui faire cruellement défaut. En effet, "Le Courage d'Aimer" n'est qu'un remontage de sa trilogie "Le genre humain", laquelle, à l'origine se composait de trois volets. Hélas, après les mauvaises critiques du premier opus "Les Parisiens", on pourrait comprendre que le réalisateur n'ait pas souhaité livrer le reste de son travail tel quel. Dommage ! Lelouch qui, jusque là, avait toujours fait front, se moquant des critiques, nous livre son enfant amputé de quelques membres afin de nous le rendre plus présentable, politiquement correct. Cela dit, lorsque l'on a déjà vu "Les Parisiens", cette nouvelle mouture ne se démarque que par sa nouvelle fin. Un peu comme ces bonus DVD qui n'amènent rien au film mais vous donne la sensation d'un rapport privilégié avec le réalisateur.
Pour ma part, ce nouveau montage ne m'a pas déçu. La fin proposée, bien qu'un peu convenue cadre bien avec le reste du film. Alors certes, l'histoire n'a rien de transcendant mais l'ensemble se laisse agréablement regarder. Les comédiens sont excellents et les différentes faces de l'amour mises en avant sont tour à tour grinçantes, amusantes, émouvantes.
"Le Genre humain", le titre général était une erreur. En cela, Lelouch s'est montré arrogant. "Le courage d'aimer", voilà ce qui manquait. Un nom juste, pas original mais vrai. Le reproche majeur que j'adresse au réalisateur n'attaque pas son film mais sa présentation honteusement prétentieuse et qui dévalorisait son film avant même sa sortie. Il faut parfois un peu de simplicité et d'humilité pour faire de grandes choses. C'est en réunissant ces qualités que l'on peut, éventuellement, réussir en amour.